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Assécher un placard humide

Un placard humide ne se règle pas avec une brosse, ni avec un produit. Il se règle avec de l’air et de la distance. Le fond d’un placard adossé à un mur extérieur est l’endroit le plus froid du logement en hiver, et donc l’endroit où l’humidité de l’air se dépose. Mes bottes moisissaient au même endroit chaque année, contre ce mur, jusqu’à ce que je comprenne que le problème n’était pas les bottes. Trois gestes suffisent : écarter, espacer, surveiller.

Assécher un placard humide
Boîtes écartées de dix à quinze centimètres du mur du fond : c’est l’air qui passe derrière qui règle le problème.

Le mur extérieur, et la condensation qu’il fabrique

Le problème d’un placard humide, ce n’est presque jamais le placard lui-même : c’est le mur contre lequel il est posé. Un mur extérieur est froid en hiver. L’air de l’appartement est plus chaud et plus chargé d’humidité. Quand cet air touche la paroi froide, il se refroidit, et une partie de son humidité se dépose. C’est de la condensation, et elle se forme en priorité au fond, dans l’angle, juste derrière ce qu’on y range.

Chez moi, le fond du placard est un mur extérieur, et l’hiver l’humidité intérieure dépasse souvent 70 %. Le résultat, chaque janvier : des traces blanches sur le dessous des bottes et sur les boîtes en carton, toujours au même endroit. Pendant deux ans j’ai nettoyé les bottes. C’est le mur que j’aurais dû regarder.

Ce que je vérifie maintenant, une fois par saison : la paroi du fond, au toucher, à hauteur de ce qui est stocké, et le dessous des objets posés en bas. Un mur qui reste froid et un dessous qui reste froid, c’est là que tout commence.

Écarter du mur, espacer, laisser l’air passer

Le geste qui a tout changé chez moi n’a rien coûté : écarter les affaires du mur. Rien ne touche plus la paroi du fond. Les boîtes sont avancées de dix à quinze centimètres, et les paires sont sur une étagère, pas par terre contre le fond. L’air passe derrière, la paroi sèche, et la condensation ne se dépose plus sur le cuir.

Deuxième règle : on espace les objets entre eux. Deux sacs collés l’un contre l’autre ne sèchent pas, et si l’un a pris l’humidité il la passe à l’autre. Je laisse un ou deux centimètres entre les boîtes, et je ne remplis jamais une étagère à ras bord.

Troisième règle : on laisse la porte du placard respirer. Pas besoin de la laisser grande ouverte toute la journée, mais une porte fermée en permanence, dans une pièce où l’on étend du linge, c’est une boîte humide. J’entrouvre la porte une heure le matin, et je ne stocke rien dans ce placard le jour où le linge sèche à côté.

Surveiller l’hiver angevin

Dans la vallée de la Loire, l’hiver est long et humide. À Angers, on passe des semaines dans la pluie fine, et l’air ne sèche pas. C’est de novembre à mars que tout se joue, et c’est là que je contrôle. Le reste de l’année, le placard ne bouge pas : l’été, l’humidité tombe vers 40 %, et les cuirs clairs tirent et se ternissent pour d’autres raisons.

Mon contrôle d’hiver est simple et il se fait au toucher. Tous les quinze jours, je passe la main au fond de l’étagère et sous la première boîte. Si c’est froid et sec, tout va bien. Si c’est froid et légèrement humide, c’est le signal : j’écarte encore, j’aère la pièce, et je vérifie les objets un par un.

Je regarde aussi l’odeur en ouvrant la porte. Une odeur de renfermé se sent avant que la moisissure se voie. C’est le meilleur avertissement que j’aie trouvé, et il ne coûte rien.

Ce que je ne remets plus dans ce placard

Il y a des choses que j’ai retirées pour de bon. Le carton en premier : il boit l’humidité, il la garde, et il la rend. Une boîte en carton posée contre un mur froid devient une éponge, et ce qui est dedans en profite. Je garde le carton pour les affaires qui craignent la poussière et rien d’autre, jamais pour du cuir en hiver.

Ensuite les sacs en plastique. Un objet rangé dans un sac plastique fermé ne respire pas : si une trace d’humidité reste dedans, elle reste, et elle se développe au chaud. Le plastique protège de la poussière et de l’eau qui tombe, mais dans un placard humide il enferme le problème.

Enfin le linge, que je stocke et fais sécher ailleurs. Étendre du linge dans la pièce pendant que des cuirs sont rangés à côté, c’est la meilleure façon de leur donner toute l’humidité dont ils n’avaient pas besoin.

Quand ça sent déjà le renfermé

Si l’odeur est installée, ce n’est pas en la masquant qu’on règle quoi que ce soit. Un produit parfumé posé dans le placard couvre l’odeur quelques jours et ne touche pas à l’humidité. J’ai fait ça une fois : au bout d’une semaine, l’odeur était revenue, mélangée à celle du produit, et c’était pire.

Ce que je fais maintenant : je sors tout, j’aère la pièce en grand une demi-journée, j’essuie la paroi du fond avec un chiffon essoré, et je laisse sécher porte ouverte. Les objets, je les aère séparément, chacun à l’air, avant de décider quoi remettre.

Et je ne remets rien tant que le fond du placard ne paraît pas sec au toucher. C’est bête, mais c’est le seul critère qui m’a fait gagner du temps : remettre trop tôt annule tout le travail de la journée.

Les erreurs que j'ai faites

  • J’ai rangé mes bottes d’hiver contre le mur extérieur, parce que c’était la place la plus pratique : chaque janvier elles ressortaient avec un voile blanc sur le dessous, au même endroit. Le mur était froid, c’est tout. Maintenant rien ne touche la paroi.
  • J’ai gardé la porte du placard fermée toute l’année pour éviter la poussière : l’air ne circulait plus, le fond restait froid et humide, et la moisissure revenait plus tôt chaque hiver. Une porte entrouverte une heure par jour a suffi à changer la suite.
  • J’ai stocké un sac dans une boîte en carton avec une autre affaire humide : le carton a bu l’humidité, l’a rendue pendant des semaines, et les deux objets ont fini avec des traces. Le carton, je ne m’en sers plus pour du cuir en hiver.
  • J’ai voulu masquer l’odeur avec un produit parfumé posé dans le placard : trois jours plus tard c’était couvert, une semaine plus tard c’était pire, et il a fallu tout sortir et tout aérer. On traite l’humidité, pas l’odeur.
  • Je ne vérifiais qu’à l’œil, une ou deux fois par saison : la moisissure se voyait déjà quand je l’ai remarquée, alors qu’au toucher le fond de l’étagère était humide depuis longtemps. Depuis, je passe la main tous les quinze jours en hiver.